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Le Collectif pour la Protection de l'Ibis de Bretagne a pour but de s'opposer à l'éradication programmée de cette espèce en Bretagne et au-delà, par l'information et la mobilisation.

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Carnage planifié de l'ibis sacré : témoignages et analyses viennent en renfort !

Carnage planifié de l'ibis sacré : témoignages et analyses viennent en renfort !

  Massacre de l'ibis sacré, asso.. | Page d'accueil | Bonne année malgré tout !.. 

: Ajouté le 29/12/2008 à 16:31

Nous avons reçu une pluie de messages, souvent anonymes, de la part de témoins de la supercherie initiale ayant servi d'alibi pour détruire l'ibis sacré. Nous comprenons que ces derniers ne souhaitent pas que leur identité soit révélée, constatant les pressions exercées sur la communauté scientifique à ce sujet. Voici une contribution :

 

" A propos des ibis sacrés, je confirme que la polémique initiale concernant la destruction d'une colonie de sternes dans la région de Nantes est née de la présence de quelques ibis sur un charnier découvert dans une colonie de sterne après le passage de Renards !!!

Certaines associations ont utilisé ce prétexte, confortées par la position prise par les administrations pour tout mettre sur le dos des ibis.

Des études scientifiques entreprises immédiatement après ont prouvé que les renards étaient bien à l'origine de cette hécatombe dans les couvées.

De plus, les renards sont revenus parfaire leurs méfaits lors de la couvée suivante. Mais seuls les ibis qui sont venus manger les restes en ont pris pour leur grade !

Ensuite la polémique était née et il est bien difficile aujourd'hui de faire marche arrière. "

 

Communication anonyme.

 


 

La presse spécialisée aborde précisément le sujet également, comme nous le montre cet article de la revue Politix, n°82 (02/2008), numéro épuisé, dont voici des extraits :

 

Elisabeth Rémy, Corinne Beck Allochtone, autochtone, invasif : catégorisations animales et perception d'autrui (pages 193 à 210).

 

Résumé – Les " espèces invasives " sont désormais considérées comme la deuxième cause d’appauvrissement de la biodiversité dans le monde. En adoptant comme principe méthodologique de lier la sociologie à l’histoire, notre objectif est d’analyser les conditions de production du partage entre les espèces d’ici et celles venues d’ailleurs. Ces discours ne sont pas sans rappeler les propos que l’on tient fréquemment sur l’immigration des humains. Nous procéderons alors par l’analyse des analogies verbales pour éclairer l’étude de l’une par celle de l’autre, tant les discours et les pratiques relatives à l’étranger s’appliquent parfois, de façon troublante, à la faune et la flore sauvages.

 

(...)

 

La prolifération des discours sur l’invasion

 

" Espèces invasives ", allochtones, envahissantes, ces définitions sont désormais sur le devant de la scène. L’intérêt pour ces espèces remonte à une dizaine d’années. Au niveau français, les personnes travaillant dans les Terres australes ont attiré l’attention sur ce problème avec notamment le cas des rats :

 

" Mais de là, on a commencé à dériver et puis c’est la Convention sur la diversité biologique qui a mis les introductions comme une des causes principales d’extinction d’espèces et derrière ça des ONG comme l’UICN s’en sont un peu

emparé. Et de là, ça a fait une flambée de poudre " (gestionnaire, 2007) ; " On peut retrouver des références plus anciennes mais c’est vraiment un rouleau compresseur. C’est un effet de mode et tout le monde se précipite dessus " (écologue, 2007) ; " Les espèces invasives, c’est devenu la tarte à la crème, il y a colloque sur colloque, il ne se passe pas six mois sans qu’il y en ait un. On ne fait plus de colloques pour la protection, comment gérer les espaces protégés, on fait des colloques sur les espèces invasives qui sont vraiment l’abomination de l’abomination, qui vont détruire la biodiversité […]. C’est devenu un critère de publication. " (Un chercheur du CNRS)

 

Contribuent en outre à ce discours le monde des associations naturalistes et celui des gestionnaires de la nature (réserves naturelles, parcs régionaux, parcs nationaux), dont l’activité s’est fortement accrue ces vingt dernières années. Les polémiques autour de certaines espèces peuvent donner lieu à des controverses locales plus ou moins étendues, engageant de nombreux acteurs (associations, DIREN, préfectures, universitaires, chercheurs, amateurs naturalistes et parfois habitants des lieux). On remarque déjà qu’il n’est pas possible de rapporter tel ou tel type de discours à des catégories définies d’acteurs, les uns et les autres pouvant être, selon les cas, dans des configurations à géométrie variable – pour le dire schématiquement, chasseurs, naturalistes, gestionnaires, administratifs, scientifiques et habitants peuvent s’allier pour combattre une espèce (vison d’Amérique) mais s’entredéchirer sur une autre (comme dans le cas de l’ibis sacré, sur lequel nous reviendrons).

 

À l’occasions de colloques (comme le 13ème Forum des gestionnaires), le glissement du monde humain au monde non-humain se produit fréquemment. À propos d’éradication ou de contrôle d’espèces exotiques, R. Barbault précise : " Bref, il vaut mieux parfois les "naturaliser" que tenter de les reconduire aux frontières. " En matière d’invasions biologiques comme ailleurs, la " réalité " est d’abord une question de mots. On assiste en effet à un durcissement du vocabulaire qui se traduit par l’emploi de termes comme ceux d’éradication, de " zone de contrôle ", de " peste végétale " ou encore de " soustraction efficace ". Ce langage guerrier n’est évidemment pas anodin et conduit à s’engager dans un plan d’action particulier que M. H. Larson a déjà bien mis en évidence. D’après l’un de nos interlocuteurs, " cette mentalité-là a encore des échos aujourd’hui. Nos patrons, ce sont les préfets, il y a beaucoup de préfets qui se laissent un petit peu influencer par ces courants d’idées-là, comme quoi il faut éradiquer, supprimer " (DIREN, 2006) ; " le préfet de notre région est d’accord pour l’éradication, ça ne lui pose aucune problème " (naturaliste, 2007). Lorsque nous demandons à cet écologue des précisions sur la volonté d’éradication de l’ibis sacré, mise en avant par certains spécialistes, celui-ci réplique : " ce sont des racistes, pour eux, toute espèce étrangère est une espèce à détruire ". Ainsi, les espèces invasives sont-elles souvent perçues comme une maladie, un " fléau ". Ce qualificatif issu du vocabulaire médical (ou vétérinaire) laisse entendre qu’il s’agit d’une attaque à l’intégrité du corps, comme si ce corps était auparavant " pur ", dénué de tout apport extérieur et déconnecté des activités humaines. Rappelons encore que dans la littérature coloniale, le langage du colon est un langage zoologique (hordes, grouillements…) visant " à faire intérioriser l’équation simple immigré = exotisme = danger ". Aujourd’hui, plusieurs de nos interlocuteurs font remarquer que l’équation est la suivante : " allochtone = invasif = nuisible = à détruire ".

 

(…)

 

La pureté : un idéal absolu ?

 

" Ils [le monde de la protection de la nature, les gestionnaires, les associations] utilisent un langage qui est celui qu’on trouve effectivement dans l’extrême droite française ou pendant la guerre, c’est-à-dire la pureté de la race, la population originelle " (écologue, 2007). Certains interlocuteurs évoquent ainsi une " hiérarchisation mentale entre les espèces ". Ce spécialiste nous faisait ainsi remarquer qu’à nuisances égales, les oiseaux de couleur blanche ne sont pas pourchassés, contrairement aux espèces de couleur noire :

 

" Quand on parle de racisme, regardez – et ça c’est tout à fait vérifiable – la différence qu’on a d’appropriation ou de gestion ou de lutte contre des espèces qui sont à dominante blanche par rapport aux espèces qui sont de couleur. Vous allez être surprises. Par exemple, on va s’attaquer au héron cendré qui est plutôt gris, on va s’attaquer au cormoran qui est noir, mais jamais à l’aigrette garzette qui bouffe les mêmes poissons mais qui est entièrement blanche. Pourquoi on s’attaque à l’ibis ? L’ibis n’est pas complètement blanc, tout le derrière est noir et il a un bec un peu crochu. C’est complètement évident. On ne s’attaquera jamais à la colombe, on va s’attaquer au pigeon bizet. "

 

La couleur signale la diversité, et celle-ci semble donc orientée. Des écologues s’inquiètent également de cette volonté d’éradication en évoquant même " une espèce de fatwa anti-ibis ". Dans ce contexte tendu38, quelques voix dissidentes tentent malgré tout de s’élever. Des pétitions sont lancées, par exemple sur internet, pour contester le sort réservé à certaines espèces, comme l’ibis sacré à l’initiative du Collectif pour la protection de l’ibis de Bretagne – appellation marquant à la fois un attachement à l’animal et à son rattachement territorial. Dans ces controverses, se mêlent à la fois des divergences scientifiques, des conflits d’intérêts, mais également des valeurs identitaires et " en un mot comme en cent : des possibilités de l’humain ". Dans la logique qui sous-tend ces classements, l’affectif pèse incontestablement à la fois sur la désignation des espèces emblématiques et sur celle des indésirables, sachant que " la crainte de l’étranger peut prendre de nombreuses formes ". Soulignons enfin que ce lien entre préservation des espèces indigènes et racisme fait l’objet de vives controverses au sein des sciences de l’écologie anglo-saxonnes.

 

Article complet à télécharger, réservé aux abonnés de la revue.

 

PETITION : SAUVONS L'IBIS SACRÉ !

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13/2/2009 - ...

Posté par couleursdepots
Bonjour, ton article sur l'ibis sacré m'a interpelé étant donné que je n'ai eu aucune information sur ce sujet dans les médias. C'est grave de faire porter le chapeau à une espèce qui se trouve être innocente à l'origine des faits qu'on lui reproche. Quand au racisme des espèces animales, tu me clous le bec ! Décidemment l'homme se permet de définir le beau ou le vilain. Quelle preuve d'idotie. On n'en a pas fini avec les espèces invasives en raisons des erreurs humaines et des conséquences climatiques. Merci de nous informer, dommage pour la conférence, je à paris. Je te poste un vote. A bientôt
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15/1/2009 - Intégrisme écologique

Posté par ah quand même ! je hais les cookies
cette tendance à l'ecologie à se muer en une espèce de "fondamentalisme" me déplait, et m'inquiète. De tous temsp les phantasmes de pureté n'ont jamis rien donné de bon.
"Invasive! voilà le mot qui condamme !
Mais de tout temps dans la nature, la nature "naturelle" sans intervention de l'homme, (ce pelé, ce galeux dont tout acte ne peut être qu'un mal) des espèces se sont introduites en-dehors de leur milieu d'"origine" et ont conquis d'autres territoire ! Il n'y a rien de plus "naturel" !
Allez-vous regretter et condamner le fait que les merles, qui jusque vers 1870 étaient un oiseau qu'on ne voyait (et entendait) qu'exclusivement au fond des forêt, et surtout pas en ville, aient progressivement colonisé les villes et villages d'Angleterre - puis de France puis, puis, la Finlande atteinte en 1933 - ??
Vous plaignez-vous de la présence de tourterelles turques dans les villes d'Europe depuis une trentaien d'année ?
Et les Grives musiciennes en ville (j'ai entendu ma première dans les années 70, avant jamais je n'en avais entendu dans ma ville) ?
Et, pour commencer de celle des alouettes ?! ces oiseausx des steppes ont été "amennées" par l'homme qui a créé avec l'agriculture des steppes artificielles.

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30/12/2008 - Commentaire sans titre

Posté par petitbreton

Le goéland qui voit le plus loin vole le plus haut…(Richard Bach)

 

Je te souhaite une bonne et heureuse année 2009 dans tous les domaines et avant tout une bonne santé

 

http://www.lepaysbigouden.com/

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